Certains titres semblent immortels. Ya zina, par exemple, que Raina Raï a enregistré en 1983, reste joué dans bien des fêtes.

“Raï is not dead” avec :  Raïna raï feat Sofiane Saidi / FanfaRaï
Sa façon de combiner guitare électrique saturée et percussions traditionnelles a profondément marqué l’histoire des musiques populaires du Maghreb. Bien sûr, le temps a passé. Khaled, Mami, Hasni, les « chebs » (littéralement les « jeunes ») ont vite détrôné ce groupe de musiciens de Sidi Bel Abbès, pionniers d’un raï synthétique qui électrisait soudain toute la Méditerranée. Le chanteur Larbi Dida, qui avait intégré la formation en 1986, s’en est allé tenter sa chance ailleurs et, après diverses expériences parisiennes, a pris part à la fondation de l’Orchestre National de Barbès. Le reste du groupe s’est dissous en 2003. C’était de toute façon l’époque où, après la décennie noire qui a ensanglanté l’Algérie puis les attentats du 11 septembre 2001, le raï n’était plus audible. En France, il retournait peu à peu à une sorte de semi-clandestinité dans les cafés des quartiers populaires des grandes villes ou les cabarets de banlieue. Il n’a pourtant jamais vraiment disparu. Il a simplement muté, empruntant au r’n’b sa séduction canaille ou à l’electro sa percutante puissance. Les vrais connaisseurs connaissent par cœur cette histoire secrète et savent repérer ses nouveaux hérauts, à l’instar de Sofiane Saidi, un autre enfant de Sidi Bel Abbès, auteur en 2016 d’un premier album solo qui plonge le raï dans un électro-rock déluré. Ils n’ont pas non plus oublié Raina Raï. Ça tombe bien : le groupe est de retour. Résultat : dans la foule de ses trop rares concerts, tous les spectateurs sortent leur téléphone et se prennent en photo devant les musiciens lorsque résonnent enfin les premières notes de Ya zina… Et aussi Naïma Yahi avec son karaoké. Adepte de la chanson algérienne ou jeune novice, l’heure est venue de prendre le micro et de vous lancer dans une interprétation des tubes de Cheb Khaled, Zebda, Warda ou Slimane Azem…

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Dimanche 5 novembre à 17 h
L’Embarcadère
Tarif unique : 10 €
Toutes les informations sur www.villesdesmusiquesdumonde.com
Réservations auprès du festival Villes des Musiques du Monde au
01 48 36 34 02